Trois semaines à la rencontre de la Tunisie

Tunisie 1Partir comme « petite Eglise » à la rencontre de l’Eglise de Tunisie, pendant trois semaines, au mois de juillet, vivre ensemble et s’entraider, se mettre au service d’enfants tunisiens pour du soutien scolaire, plonger des siècles en arrière en visitant des sites ou des musées, écouter des hommes et des femmes insérés dans le monde culturel, social, religieux du pays, qui construisent la Tunisie d’aujourd’hui et réfléchissent à son avenir... En recevant le programme de notre séjour, l’une des participantes s’est écriée : « Il y a tout ! c’est incroyable ! »

Trois semaines en Tunisie : une expérience d'Eglise

Tunisie 1Mon séjour en Tunisie a été une expérience unique dont je sors bouleversée, tant sur le plan spirituel que sur le plan humain. Je suis partie de France en ayant essayé de faire le vide quant à mes préjugés sur le pays, sur ce que j’allais trouver, et sur ce que j’allais vivre. Je n’espérais rien, c’était pour moi la meilleure façon de recevoir. Je ne pensais pourtant pas repartir les valises pleines de souvenirs incroyables, pleines de paix, et de joie à transmettre. Comme je l’ai dit à une de nos réunions, je suis depuis longtemps en errance quant à ma foi. Je sais que je crois, parce que l’expérience de Taizé m’a changée mais aller à l’Eglise ne m’aidait pas dans la prière, je me suis souvent sentie seule les dimanches. J’avais donc l’appréhension de retrouver cette sensation.

C’est une Eglise bien différente de celle que je connais que j’ai rencontrée en Tunisie. A quiconque doute de l’amour qui nous anime et de la présence du Christ, je conseille d’aller en Tunisie. L’Eglise de Tunisie est une famille humble, généreuse et ouverte. Et ces trois adjectifs ont toute leur importance.

  • Humble parce que c’est une Eglise qui matériellement n’a rien, qui accepte sa condition minoritaire en pays musulman et qui trouve pourtant la force de battre de manière vibrante à travers chacun de ses fidèles.
  • Généreuse parce qu’encore une fois, avec le peu dont elle dispose, elle permet à chacun de trouver sa place, de se sentir aimé, entouré, épaulé.
  • Ouverte parce qu’il n’y a pas cette solitude que je retrouve souvent en France, parce que chacun accueille l’autre, parce que l’église est ouverte à chacun, quelle que soit sa religion, l’état de sa foi ou ses différences en général.

tunisie 1Chaque messe du soir est devenue pour moi un rituel apaisant et réconfortant. J’ai compris que j’avais droit à une place parmi les chrétiens, parmi cette famille. Comprendre cela m’a bouleversée puisque tout a été libéré. J’avais le droit de prier, même si c’était à ma façon, parce qu’il n’y a pas de code rigide qui bloque l’accès. L’Eglise en Tunisie c’est aussi ça, une Eglise souple, qui s’adapte et qui en devient donc beaucoup plus accessible. Chacun vivra cette expérience différemment mais ces trois semaines ont été une étape dans ma foi. Maintenant je peux dire que je me sens pleinement chrétienne, je n’hésite plus à prier, je veux aller plus loin, parce qu’il me reste encore tellement de choses à comprendre, à connaître.

Clémence

 

Trois semaines en Tunisie : une Visitation

Tunisie 3Tunis… son soleil, ses palmiers, l’accueil chaleureux de nos frères et sœurs tunisiens, leur belle langue Arabe, ronde et poétique, la découverte d’une culture dans un contexte de transition, nos élèves de l’école Jeanne d’Arc, attachants et vivants, les sœurs égyptiennes du Sacré Cœur qui assuraient l’encadrement pédagogique du séjour, leur bienveillance et leur attention, le Père Nicolas Lhernould qui nous accueillait, sa disponibilité et la profondeur de sa parole, les bons plats de notre cuisinière Hédia, nos fous-rires pendant la vaisselle ; et des témoins de foi remarquables, des pages d’Evangile ouvertes, nos pas dans ceux des premiers chrétiens aux origines de l’Eglise, les échos de la prière de nos frères musulmans, la superbe chorale des étudiants d’Afrique subsaharienne, l’eucharistie quotidienne dans une Eglise simple et rayonnante…

Tunisie 4De ces trois semaines inattendues et extraordinaires, que retenir ? Déjà la musique de cette alchimie à la Source. Mais je garderai longtemps l’image d’une Visitation, si bien décrite par la Conférence Episcopale de la Région Nord de l’Afrique comme un « aller vers » « loin de toute conquête » qui nous fait expérimenter une joie semblable à celle jaillie lors de la rencontre entre Elisabeth et Marie ». « Ouvrir son cœur au mystère de l’autre », « passer de l’efficacité à la fécondité », « être plutôt que faire ». Voilà ce que je retiens de mon séjour, au cours duquel j’ai reçu infiniment plus que donné. Je remercie sincèrement la communauté Saint François-Xavier pour les liens entretenus avec la Tunisie et son Eglise. Je garde dans mon cœur et dans la prière toutes les expériences de Visitation vécues.

Agnès

 

Trois semaines en Tunisie : l'histoire du projet

tunisie2Le club d'été s'inscrit dans la continuité d'une histoire : celle d'une « alliance » que l'Esprit Saint a suscitée il y a très longtemps déjà (45 ans !) entre la Communauté Saint François Xavier et la Tunisie : depuis Thibar, le Cap Bon, Bou Sandel à Tunis et maintenant Jeanne d'Arc, c'est la « ligne d'un élan créateur », aurait sans doute dit Madeleine Daniélou, qui s'est dessinée à travers ces années de service, de rencontres, d'échanges, dans la joie et la fidélité d'un projet qui s'approfondit avec le temps dans le sens d'une « Visitation » de plus en plus forte : la rencontre d’Elizabeth et de Marie a permis que soient révélés en même temps les deux trésors que les deux cousines portaient en elles. De même, la rencontre de visage à visage, d’Église à Église, de frère à frère au-delà des différences humaines, culturelles, religieuses, vient mettre au jour, le meilleur de ce que chacun porte en lui. Notre monde, nos Églises ont besoin de telles rencontres, qui n'ont rien de spectaculaire, mais qui bâtissent la paix dans la joie partagée. Le « camp d'été » est important pour les enfants, les parents, les familles, les éducateurs ... Il l'est aussi pour l’Église, qui n'est jamais autant elle-même que lorsqu'elle permet à tous de travailler main dans la main au service des plus petits, dans l'esprit d'un Royaume à découvrir et à bâtir ensemble.

P. Nicolas Lhernould

Témoignage de la halte spirituelle

C'est la première fois que j'assistais à la halte spirituelle proposée par Mary Abgrall que j'ai eu la joie et la grâce de connaître depuis mon CP soit il y a bientôt 40 ans...
Le thème de cette journée s'intitulait: "Entrer aujourd'hui dans l'espérance de Dieu, avec Péguy"
A travers plusieurs textes de Péguy, décrits, lus et commentés par Mary Abgrall, il nous a été demandé de "descendre" dans la profondeur de notre cœur afin de puiser ce que l'Esprit Saint avait à dire à chacun. Souvent nous sommes à la margelle de notre puits intérieur auquel nous n'avons pas accès.
Il s'agissait de relire l'aujourd'hui du monde, de notre vie avec ses ombres et ses lumières avec une espérance théologale fondée en Dieu.
La deuxième partie concernait l'espérance comme don et révélation de Dieu dans l'Ecriture et selon Péguy: un Dieu de miséricorde touché par la misère et la beauté, plein de tendresse.
"De main en main, de cœur en cœur nous devons nous passer la divine Espérance" (Porche).
Cette Halte spirituelle m'a beaucoup apporté et ne s'arrêtera pas là!
Un grand merci à Mary Abgrall de cette transmission de la foi de Péguy à quinze jours de Pâques.

Jennifer Pontruchet-Denis - Bobigny, 1989

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