Trois semaines à la Maison Saint-Joseph de Bonoua

MaisonStJoseph2Nous sommes parties à deux, Chantal et Christelle de la communauté SFX d’Abidjan pour un expériment à la maison Saint-Joseph à Bonoua, située à environ 75 km d’Abidjan. La maison Saint-Joseph a été fondée le 28 mars 2015 par Marie-Pierre Elogne, une auxiliaire de l’apostolat. Elle a pour vocation d’accueillir de façon permanente ou temporaire les enfants de 0 à 10 ans handicapés psychomoteurs, abandonnés ou en situation de détresse.

 Le soir de notre arrivée à la maison Saint-Joseph à Bonoua, voyant qu’il n’y avait que quatre enfants, j’ai demandé à la responsable Marie-Pierre : « vous n’avez que quatre enfants ? » Dis-je étonnée. Elle me sourit et me dit : « Je te laisse le temps de découvrir la vie à la maison Saint-Joseph et le soir, quand tu auras fini de t’occuper des enfants et que tu seras épuisée, tu diras au Seigneur : merci Seigneur parce qu’ils ne sont que quatre. »

MaisonStJoseph1Effectivement, ce temps d’expériment fut à la fois rude et passionnant pour Chantal et moi. Rude car la proximité des enfants handicapés, au-delà des efforts physiques que nous demande leur encadrement du fait de leur totale dépendance, nous révèle nos propres vulnérabilités.

Ce temps fut surtout enrichissant et passionnant car nous avons appris à être avec ces enfants qui, au-delà de tout, désirent être accueilli, être aimés. Cet amour dont ils ont tant besoin se donne dans les gestes les plus simples du quotidien, il nous faut être là pour entrer dans leur univers, trouver d’autres moyens d’établir la relation avec eux, veiller sur eux pendant qu’ils jouent, qu’ils mangent ou qu’ils font de la rééducation.

Cette expérience nous a également fait prendre davantage conscience de ce que c’est que la dignité humaine. La dignité de l’homme n’est pas dans la bonne santé, ni dans l’intelligence qu’il possède, ou encore dans ses qualités. L’être humain est digne parce qu’il est enfant de Dieu tout simplement, il est l’image de Dieu. Cela parait évident, mais le ressentir au fond de soi-même est une grâce inouïe.

Christelle Gnépassé, Abidjan