Communauté apostolique Saint-François-Xavier

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Marie et les mères

En ce joli mois de mai nous allons fêter Marie et les mères.

Une œuvre exposée en ce moment au Musée du Louvre, La Ste Anne, l’ultime chef-d’œuvre, de Léonard de Vinci, rend hommage à l’une et aux autres. Cette toile, à laquelle le peintre travailla près d’une vingtaine d’années avant sa mort et qui resta inachevée, vient de subir une restauration délicate et réussie qui lui a rendu la fraîcheur de ses couleurs, la luminosité du paysage de l’arrière-plan, le modelé des visages, altérés par des couches de vernis et des repeints.

Trois personnages au premier plan : Ste Anne, mère de Marie, assise, porte sa fille sur ses genoux et Marie tend les bras vers l’Enfant-Jésus qui, lui-même, attrape un agneau. Les trois corps constituent une pyramide dont la tête de Ste Anne est le sommet et dont les pieds nus des deux femmes constituent la base. Un mouvement descendant conduit le regard du spectateur depuis le visage de la grand-mère jusqu’à l’agneau avec lequel joue son petit-fils, en passant par le visage penché de Marie ; un jeu de courbes et contre-courbes gracieuses, créé par les plis des vêtements des deux femmes, les bras et les visages, accompagne ce mouvement qui s’intensifie en descendant : on passe de la calme stabilité de Ste Anne à l’impulsion de Marie qui essaie de retenir son fils plein d’ardeur dans son jeu avec l’agneau.

Mais s’agit-il d’un jeu ? De cette toile à laquelle Léonard de Vinci travailla si intensément (en témoignent tous les dessins préparatoires) se dégage une profonde impression de religiosité et c’est à une lecture de l’histoire du salut qu’est invité le spectateur à travers la contemplation de sa beauté plastique. Ste Anne représente la dernière génération qui a engendré la mère terrestre du Messie, issu de la lignée de David ; elle est l’assise solide et humble en même temps, avec son vêtement gris, et regarde sa fille avec tendresse. Une même tendresse anime le regard de Marie, penchée sur le petit garçon, drapée dans un manteau auquel la restauration a rendu son magnifique azur, mais son visage est voilé par une inquiétude : que perçoit-elle au-delà du geste de l’enfant qui attrape l’agneau et qu’elle essaie de retenir ? Le sens profond de l’oeuvre se dévoile dans l’attitude de cet Enfant-Jésus : tout en saisissant l’agneau du sacrifice, auquel les Ecritures l’ont assimilé, il se tourne vers sa mère pour lui dire silencieusement l’oblation à venir.

Que cette œuvre, qui exalte la transmission de la vie et l’amour maternel, la médiation de Marie dans l’histoire du salut, accompagne donc notre prière à la Vierge et nos vœux pour toutes les mères.

 

Chantal de Fréminville