Communauté apostolique Saint-François-Xavier

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La perfection du bâton de chaise

Fondation Vuitton

Quelques pas avec Péguy...

« Toute partie de la chaise qui ne se voyait pas était exactement, aussi parfaitement faite que ce que l'on voyait. »

Donner à chaque chose sa vérité absolue, son honneur absolu. Donner à ce bâton de chaise que personne ne verra, la perfection de sa vérité à l'égal d'une flèche de cathédrale ou d'un échangeur d'autoroutes.

Le septième jour, Dieu vit l'ouvrage qu'il avait fait, cela était bon, cela était très bon. L'homme se promène dans le Jardin, effleure la création avec respect et observe. Rien de petit, rien de caché, qui ne soit parfait. Mais pour imiter le Créateur, l'homme doit travailler. Il doit aimer travailler, il doit travailler bien, travailler vite, travailler beaucoup. Pour que de l'alliance entre l'harmonie et la beauté, la Vérité soit engendrée, il faut que les calculs soient justes. On ne triche pas avec la Vérité. Et, des éléments assemblés émane la Lumière. Les oeuvres bonnes sont Lumière.

A ce moment précis l'homme rejoint le Créateur dans l'ouvrage bien faite jusqu'à ses plus extrêmes exigences. C'est l'audace majestueuse du pont de Millau, posé par une main invisible sur la vallée du Tarn comme la nappe de lin blanc parfaitement brodée dans l'ombre d'un couvent, qui recevra le corps du Christ.

Dans ce nouveau Jardin, l'homme est pleinement heureux. Sa robe baptismale retrouve la splendeur des origines, il marche vers sa vérité, en présence de Dieu, jusqu'à l'absolu.

Marguerite Cristofoli